mercredi 6 juillet 2016

Trempoline

Les enfants sautent
Sur le trampoline       
       Si haut
Ils vont toucher le ciel

Si haut

Que Dieu
Se met
A couvert

dimanche 3 juillet 2016

La revue Mgversion2-datura fête ses 20 ans!!


Cela doit bien faire 10 ans, maintenant, que je connais Walter Ruhlmann... Et de voir comment il s'accroche, comme il tient... Debout... 20 ans! Moi je baisse les bras trois fois par jour... Je maudis l'heure qui m'a vu griffonné mon premier poème... Je tombe, les genoux saignent... Que faire? Sinon y revenir, encore et toujours, devant cet écran, derrière cette feuille blanche... La nuit dernière, j'ai rêvé que Jacque Chirac se représentait, et ce matin, la mort de Michel Rocard est partout dans les journaux... Il y a quand même bien des choses... Des ondes mystérieuses... Des fluides bizarres... Café, cigarettes... Mgversion2-datura fête ses 20 ans!

Voici le lien de lecture :



dimanche 26 juin 2016

Les garçons ne pleurent pas

Faut que j’écrive.
         J’écrase ma cigarette, je me resserre un verre de vin blanc à la cuisine, quatre glaçons, et je descends m’installer devant mon ordi. J’ouvre le traitement de texte. Saut de page. Texte 44.
         Les garçons ne pleurent pas.
         Puis je sors sur la terrasse en fumer une autre.

         Hier soir, on était vendredi. The Cure jouait à Atlanta. Et c’était NOUS. Sur scène, le poète, tout en noir, enveloppé de ces musiciens, et sur l’herbe, nous autres, serrés, une bière, un joint à la main, surfant l’onde miraculeuse. Comme c’était nous avec Nine Inch Nails. Comme c’était nous avec The Black Keys. Même lieu, même public. Des filles aux seins nues, des garçons avec un trait bleu sous les yeux, des comme tous les jours, en blanc en noir ou en rose, et tous, ce plaisir fou aux lèvres. Cette joie, immense, d’être là, de partager ça. Nos doutes et nos angoisses. Nos fureurs, nos amours, et puis,
I wish I’d stayed asleep today.
Robert smith.
Mais surtout, cet instant de paix. Ne plus penser à rien. Le sexe est trop souvent trop court: La musique, c’est pour toujours.
Et puis je me réveille, on est samedi, je lis les nouvelles, je regarde le fil d’actualités de mon Twitter. Brexit, xénophobie, nationalisme, donald trump, marine le pen, le nouveau clip de kenya west, famous, « j’ai rendu cette pute fameuse », la haine, le gros cul de kardashian, le mensonge, la connerie, les couilles molles des politiques, et j’en peux plus, j’envoie tout chier, j’efface l’application Twitter de mon téléphone, j’efface les news, j’efface tout.
On ne se bat pas contre les cons,
On les oublie.
Dans ma tête, je me dis quand même qu’on devrait leur offrir une terre. On construirait un mur autour. Et nous autres, le cul dans l’herbe, on écouterait The Cure.
How about that ?
Demain, Apollinaire.


Today en écoute:
Empty Chairs (écrit par Steph Sweet et interprété par lolaDemo)
Amazing!!

jeudi 23 juin 2016

Filtre Vintage

L’actualité est sordide.
         Ce professeur au chômage. Trois enfants sur la banquette arrière. Il en dépose deux à l’école, puis rentre chez lui. Il s’endort. Quand il se réveille, 4 heures plus tard, il réalise qu’il a oublié sa fille de six mois dans la voiture. On est au Texas. 32 degrés au soleil. Il aurait pu appeler 911, foncer aux Urgences, mais non, instead, il décide de mettre l’enfant dans le réfrigérateur - Parce qu’elle était brûlante, a-t-il déclaré à la police – et de patienter.
         Les contes de la folie ordinaire, tu disais.
         Je lis trop la presse
       Et ça me fusille.
         La politique est indigeste.
         Toxique.
         Un tas de gens vivent (bien, très bien) de cette toxicité. Pour la simple et bonne raison qu’un autre de tas de gens (dont moi) la consomme.
         Une minute de silence.
         Je monte dans ma bagnole et je m’en vais chercher mon fils au club de natation. Je me suis acheté cette nouvelle paire de lunettes noires, une sorte de filtre vintage. Qui donne aux choses une couleur douce et démodée. Au club de natation, il y a cette ado qui me salue tous les jours parce qu’il aime bien mes t-shirts Marvels. Il dit simplement « Nice, shirt » et je réponds « Thanks » and that’s it. Une mère demande à une autre mère « M’as-tu envoyé la recette ? J’ai regardé ma boite mail et rien ! » Je n’attends pas la réponse, je continue mon chemin. Les enfants courts autour de la piscine, un coup de sifflet retentit : non, on ne court pas. Il y a un beau soleil accroché dans le ciel, le journal finit à la poubelle, et soudain, une main dans ma main, une main qui dit : « Let’s go, daddy »

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En écoute today: 

Tylenol and Gasoline de Matt Byron

mardi 21 juin 2016

Polymerase (Ft. Conor Logan) - Thru

Polymerase.
Un nouveau titre explosif de Thru.
Montez le son - up up up - And enjoy the ride.
Nine Inch Nails
Du coin de l'oeil.

lundi 20 juin 2016

5 heures 08 d’un lundi après-midi de juin

5 heures 08 d’un lundi après-midi de juin
Je décapsule une Corona Extra
Et n’ai aucune idée
Où ce texte va me porter

5 heures 13, déjà

J’ai envie de demander à ma femme
Qui revient du supermarché
Qu’est-ce qu’on mange ce soir ?
Mais ça fait un peu
               Vieux jeu

J’avais un oncle qui
Quand il montait à Paris
S’offrait une pipe
Juste une pipe, rien de plus

Il disait comme ça : « Ma femme
N’est pas une pute ! »

5 heures 28

Je vais peut-être m’occuper du dîner
Abandonner ce poème
Fermer cet écran
Décapsuler une autre bière

J’aimerais bien que tu sois là, tu sais
On pourrait discuter
Parler politique
Et du dernier album de Johnny
On pourrait même l’écouter
Un œil distrait sur le barbecue

On serait sûrement en France
Quelque part au bord de la Loire
Ma femme ne serait pas ma femme
Et mes enfants
En seraient d’autres

C’est là où ça cloche
Où la rêverie s’arrête

Si tu ne t’étais pas flingué, y’a 20 ans de ça
Où j’serais moi aujourd’hui ?

5 heures 50

Ca va bien comme ça, j’ouvre
La porte et j’dis

Qu’est-ce qu’on mange ce soir ?

jeudi 16 juin 2016

Bloody Mary

J’ai une gueule de bois pas possible
Je devrais boire une
Deux, ou trois bières
Et regarder du porno
Mais j’hésite

J’ouvre une bière, quand même
Une Chelada

Qu’est-ce qu’une Chelada ?

Un mélange de bière
De jus tomate
De jus palourde
Une pincée de sel
Un zest de citron

// Une sorte de perfection sous le soleil //

Un Bloody Mary,
C’est pas mal non plus

Faut que j’en vienne au porno
Et je me dis que
Ce poème n’est pas gagné

Je l’ai commencé dans ma voiture
Avec une paire de lunettes noires sur le nez
Et deux mômes à l’arrière
Qui commençaient drôlement
A me taper sur les nerfs

(But I love you)

Maintenant, je pense aux patates
Dans l’eau qui bout
Aux saucisses sur le grill
Au pain frais sorti du four
Moutarde
Sel et poivre
Fromage
                     Vin rouge ?
Et merde, pourquoi pas !

Mon fils dit : « Où
Est ma hache ? »
Et ma femme réponds : « Dans
Ton coffre »

Ils sont quelque part
Dans Minecraft
Ordinateur sur les genoux
Tandis que je tape
Ce poème sans fin

Et je voudrais
(Mon dieu, JE VOUDRAIS)
Trouver une fin
Fermer la porte

And watch some porn
At least !

mardi 14 juin 2016

J'ai demandé à Dieu de me rendre mes lunettes

J’ai demandé à Dieu de me rendre mes lunettes.
         Mais il ne m’a pas répondu. Deux solutions : ou bien il n’existe pas ou bien il en a rien à cirer. Parce que voyez-vous, j’ai travaillé comme un con toute l’année, et quoi, deux jours après mon arrivée à Tybee Island, je me suis perdu dans une vague. Depuis, tout est flou. Le loin, le près, le milieu.
         Il y a une troisième solution : mon aveuglement.
Lunettes ou pas.
Comment dire ? Deux semaines de ça, j’étais parti à la montagne avec ma femme et mes enfants, weekend de trois jours. Petite cahute au bord du lac, grand ciel bleu sans une ride. Et là, au beau milieu de cette beauté, de ce calme, j’ai trouvé le moyen de me taper une dépression. Je suis monté dans ma bagnole – on était venu à deux voitures – et je suis rentré chez moi écrire une chanson. Ce genre d’attitude ne fait aucun sens et je ne sais pas comment ma femme… Je pourrais blâmer mon père, mon grand-père et ma grand-mère qui ont tous décidé un beau jour de se flinguer. Mais sûrement pas ma mère. Qui a dû vivre avec toute cette merde sur les épaules.  Evidemment, tout serait tellement plus simple si on pouvait se parler au téléphone, au lieu d’espérer je ne sais quoi du ciel. Ce ciel silencieux qui tourne à l’orage tropical et moi qui me jette dans les vagues pour faire rire les gosses. Allez savoir. La vie est un mystère. Des causes et puis des conséquences qu’on ne comprendra jamais vraiment.

So here I am
Blind
Drinking Tequila on a balcony
While my wife
In her thong
Is walking the beach

dimanche 12 juin 2016

Il y a - New song - Vidéo



Il y a
Au fond du coeur, Laura
Cette petite chose
Qui pèse si lourd

Et la nuit ne vient pas
Je ne sais que faire de mes dix doigts
Je voudrais sourire, je crois
Disparaitre indolent

Il y a
Au fond de la cours, Laura
Un grand soleil
Qui ne brille pas pour moi

Qu'ai-je donc fait sous ce ciel
Pour mériter tout ce fiel?
L'ennui des jours
Les marches forcées dans la nuit sourde

Il y a
Que personne n'y peut rien, Laura
L'éclat parfois
On s'y attache comme à la croix

Texte et musique : Sébastien Ayreault

dimanche 5 juin 2016

Il y a du vent et des pages blanches

Longtemps que je ne me suis pas assis. Il y a du vent et des pages blanches. La faute à. Ce film sur lequel je me suis embarqué à reculons. 12 heures par jour à bosser sur un parking désenchanté, le soleil dur droit dans les yeux. Ce n’est pas du boulot. Mais une vie de con. C’est dans ces moments-là que je pense au succès. Qu’est-ce que le succès ? Un moyen de s’acheter du temps libre.
         Aujourd’hui, je vous écris face à la mer. Un balcon, une chaise en osier, une table ronde en verre. L’orage qui gronde. J’ai fait les comptes et rendu tablier. So long suckers ! Paul Walker, non, of course not, tu ne m’en voudras pas.
         Il y a du vent et des pages blanches.
         J’étais dans ma voiture quand il m’annoncé « She’s gone. 4h45 » Ça m’a foutu un coup. Larmes dans les yeux. Il m’a dit comme ça : « We need to escape »
         Nos mères, qui ont bossé toute leur vie, sauvé nos pères, s’en vont au ciel du jour au lendemain, presque s’en prévenir.
         S’échapper.
         Ecrire un livre, une chanson
         Et s’échapper.

         Il y a une bouée rouge, une bouée verte
         Pour les bateaux.
    

dimanche 15 mai 2016

Terreur sur la ville

Il y a du sang sur les murs
Une rage folle
Et du rouge sur tes joues
                  Un amour fou

Le piano désaccordé
Une mélodie au fond du couloir
Que personne n’oubliera

Mélopées
Une flopée d’oiseaux noirs
Sur la corde

                  A linges
Etrangle les larmes

Serre les poings
Tiens bon
Ferme ta bouche

Il faudra s’accoupler avec l’horreur
Chaque jour que dieu fait
Enfant de putain
Qu’ai-je donc accompli au ciel ?

Et perdre l’équilibre
Tomber ici bas, sur terre
En enfer

Du vide plein la mémoire

Thru - Enlighten

Dimanche matin. Après une nuit de sommeil de 12 heures. Le corps démoli. Je pose un pied à terre et c’est à peine si je peux marcher. Muscles noués. Je descends dans mon home-studio, je m’écroule dans mon fauteuil, et j’écoute « Enlighten » de Thru. La pureté des guitares. Je pense, vous savez à quoi je pense ? Je pense à l’album de Bashung « Chatterton » et au guitariste Marc Ribot.
Horizons labyrinthiques.
         « Fast and Furious 8 » n’est pas une partie de plaisir. Le soleil dur dans les yeux 11,5 heures par jour. Parking désenchanté. Zone industrielle abandonnée, réinvestie par Hollywood. Et les trous du cul en tous genres qu’il faut se farcir. Et mon patron me dit tiens bon, let it go, c’est juste pour quelques semaines. Sauf que j’ai envie de me faire ce mec, de lui exploser sa tronche de rat. Et ça me tourne dans la tête, je n’arrive pas à lâcher. Et je sens que ça va partir. Mes 5 doigts transformés en poing.
         Respire, respire.
         J’écoute Thru. Je ne sais pas grand-chose de lui, sauf qu’il vit à North Hollywood. J’écoute Thru. Son titre « Enlighten » en boucle. Tu peux sentir le soleil se lever à travers sa musique. Le soleil qui se lève dans le rose orange. Et cette sensation bien-être. Que tout va bien. Que tout ira bien. No matter what. Et c’est exactement ce dont j’ai besoin. Une musique pour me réconcilier avec la paix, parce que je suis en guerre.

         Bonne écoute.

mardi 10 mai 2016

Broadcast Station - Straight From the Heart

Demain, les gars, c'est direction "Fast and Furious 8" So, je vais peut-être disparaitre pour quelques semaines. Will see. Mais je sais déjà que cela va être épuisant. Fast and Furious donc, en attendant la reprise de Vampires Diaries, season 8, fin juin.
    Sinon, j'ai décidé de partager un peu plus de musique sur ce blog. Des découvertes. Des choses picorées au hasard de la vaste toile. 
     Okay, so, today, je vous présente le groupe Broadcast Station, ils sont de Los Angeles, et viennent de sortir leur premier EP. Deux titres m'ont particulièrement tapé dans l'oreille. "Straight from the Heart" et "Country Song Tonight" Pour situer un peu les choses, je pense à Pearl Jam. En plus blues, sûrement. Certainement. Je pense à un titre comme "Wishlist"... J'étais dans un bar, je devais avoir 18 ans, je picolais, et cette chanson est arrivée. Je me suis levé et ai demandé au barman le nom du groupe. Pearl Jam. J'ai fini ma bière en trois gorgées et je suis parti m'acheter l'album. C'est comme ça la musique, ça vous marque à vie.
      Bonne écoute.






jeudi 5 mai 2016

Boite à rythmes

C’est un jeudi
Aux alentours de midi
Dehors le vent
Et dedans rien à faire

Ecrire ? // Pas envie d’écrire
Lire ?
Pas envie de lire

Les guitares sont silencieuses
La boite à rythmes
Ne marque plus les temps

Et ce cœur, cet emmerdeur
Qui flotte au milieu de la rivière
Tel un vieux sac plastique
Je voudrais bien lui jeter des pierres
Qu’il sorte de sa torpeur

J’avais 20 ans
Et je lisais des 8-10 heures par jour
J’écrivais des nuits entières
Et puis je buvais
Tellement que j’en oubliais
De manger

Aujourd’hui
Il ne reste plus grand-chose
De ce drôle de mec qui voulait devenir
Un grand écrivain Américain

Américain, oui

(Le ciel a viré au noir
Il va pleuvoir)

Erreur tactique
J’aurais peut-être dû choisir
Ecrivain français

Oh well, fuck it !

Lundi, je retourne au boulot
J’écrirai de nouveau au volant de ma bagnole
Et de nouveau
Les poèmes se feront la malle
J’achèterai des livres
                Sur le chemin du retour
Qui prendront la poussière
                Sur les étagères
Ma femme me dira : « Tu veux me baiser ? »
Et je répondrai : « Volontiers ! »

Je n’ai pas besoin de médicaments
Juste besoin de m’épuiser physiquement

Et déjà, ça va mieux

mardi 3 mai 2016

Donald Trump

Donald Trump doesn’t scare me
He’s just a little asshole
With a silly hair cut

No, what really scares me
It’s all those people
Who run to his rallies
Who hold up high their right hand
And swear that they’ll vote for him
No matter what

Those people have the power

The power to tip a country
Into chaos
The power to tip a country
Into dictatorship

And nobody will stop them

And so I wake up
And my legs are hurting
My feet too
13 days of work without
A day off
142 hours in the face

I get up
Jeans and shirt
And I drive to Starbucks
Big sun
Warm wind

Our beautiful democracy

The price of the gas
The health care
The taxes
The unemployment

Jesus Christ and Mahomet
Are on a boat
The two fell in the water
What is left?

A boat
And two oars

So I’ll keep going
To play guitar under the trees
To drink beer
To eat brownies
When the night falls
To raise my children
To kiss you every day
To believe
In you, in us

The power of poetry
The power of melody

Because, well, no one will stop me